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Situation du secteur elevage et santé animale

Il y a environ un million d’exploitations agricoles en Haïti. Un demi-million de personnes a quitté Port au Prince depuis le tremblement de terre du 12 Janvier 2010 pour rejoindre, pour beaucoup, les zones rurales (principalement l’Artibonite, le Centre et Grand Anse). L’élevage constitue l’une des grappes prioritaires de croissance d’Haïti identifiées par la Commission Présidentielle « Groupe de Travail sur la Compétitivité-GC » . En effet, dans son rapport final de novembre 2009, le GC a conclu que dans le contexte d’amélioration de la sécurité alimentaire en Haïti, de programme de lutte contre la pauvreté et de génération de revenus pour le plus grand nombre, les activités d’élevage familial et de type semi intensif offres de véritables opportunités. L’élevage fait en général partie intégrante du portfolio d’activités des exploitations agricoles familiales, générant des revenus, notamment nécessaires pendant les périodes de soudure. Le rôle de l’élevage comme système d’épargne est aussi primordial. 80% des exploitations agricoles familiales élèvent un total de 4 millions de volailles, 65% des exploitations élèvent des chèvres (2.5 millions de caprins), 55% élèvent du gros bétail (1.5 million de bovins dont environ 45% de vaches adultes) et 35% détiennent au total près de 1 million de porcs. Enfin, l’élevage des ânes, mules et chevaux fournit aujourd’hui encore le principal moyen de transport des produits agricoles en milieu rural.

Plus de 90% de la production nationale provient de ce type d’élevage. Cette production satisfait l’essentiel de la demande solvable en volailles dites rustiques, viande de petits ruminants et de bœuf et permet l’exportation annuelle de cinquante mille caprins pour environ 2 millions USD vers la République Dominicaine plus des bovins et des volailles rustiques. Elle ne peut par contre satisfaire la demande nationale en produits laitiers, en œufs et en découpes de viande de volaille industrielle. Ce déficit est compensé par l’importation annuelle de 90.000 TM équivalent lait de produits laitiers pour une valeur de 50 millions USD, de 360 millions d’œufs pour une valeur de 36 millions USD et de l’équivalent de 12.5 millions de poulets dont 90% en pièces découpées.

Contraintes

Le développement de l’élevage en Haïti fait face à de nombreuses contraintes, telles que la faible disponibilité en fourrages, en intrants et infrastructures d’abreuvement, l’accès limité aux soins vétérinaires prophylactiques et curatifs, aux crédits et aux connaissances qui permettraient d’améliorer la productivité, un accès difficile aux marchés, le tout, dans un contexte où des produits importés sur un marché entièrement libéralisé font une forte concurrence aux produits locaux. La consanguinité constitue aussi un facteur limitant de premier ordre pour certains élevages à cause d’un défaut de renouvellement des reproducteurs mâles. Compte tenu de l’évolution régressive de l’agriculture, il existe une faible disponibilité de grains et fourrage, ce qui rend le coût de l’alimentation prohibitif, pour les élevages avicoles et porcins. Le prix des aliments concentrés importés est très élevé. Ceux-ci sont souvent achetés en République Dominicaine. Le pays est aussi confronté à des problèmes importants de santé animale. Les pertes annuelles imputables aux parasitoses internes et externes ont été chiffrées à plusieurs dizaines de millions de dollars américains. La déficience organisationnelle et le manque de ressources humaines, de moyens matériels et financiers des services vétérinaires du MARNDRn’ont pas permis d’enrayer des maladies animales de grande importance économique comme la peste porcine classique ou la maladie de Newcastle ou à caractère zoonotique comme la rage et le charbon bactéridien qui provoquent, depuis des décennies, des dégâts considérables dans l’élevage haïtien et qui représentent, dans le cas des zoonoses un risque pour la santé humaine.

Potentialités

Les atouts sont les suivants : 1) l’intérêt manifesté par les producteurs pour ce genre d’activités ; 2) les activités d’élevage, notamment la production de lait, qui font partie de la riche diversité des exploitations paysannes, si elles sont bien conduites, peuvent constituer une alternative intéressante à certaines activités dégradantes de l’environnement, comme certaines cultures sarclées ; 3) la diversité des productions animales et végétales ; 4) le potentiel pour valoriser les sous produits agricoles de toute sorte ; 5) l’élevage pratiqué est prioritairement biologique ; et 6) l’existence d’un marché potentiel à satisfaire.
Analyse et vision stratégique du développement du sous secteur
Une augmentation des revenus ruraux en zone rurale est souhaitable. Ceci peut se faire par la création d’emplois et d’activités génératrices de revenus en zone rurale. Une augmentation de l’offre de produits alimentaires d’origine animale respectant les standards minimaux en termes de qualité est aussi souhaitable. Les objectifs de cette composante « élevage » sont de répondre à ces besoins. Il s’agit d’améliorer le revenu du plus grand nombre, notamment pour des secteurs sociaux le plus souvent oubliés voir discriminés, comme les jeunes, les femmes et les personnes handicapées. Il est question aussi d’amélioration de la ration alimentaire, en augmentant les quantités et la qualité de protéines disponibles (viande, lait, œufs) et la santé en limitant les risques de zoonoses en améliorant la sécurité des aliments. La relance de l’élevage peut aussi contribuer à équilibrer la balance commerciale du pays.
Les petites exploitations familiales sont aujourd’hui le moteur de la production animale. Elles seront soutenues dans les années à venir afin que la relance bénéficie à une large part de la population rurale. Sur les prochains trois ans, priorité sera donnée aux sous secteurs dont l’amélioration permettra de mieux répondre à la demande nationale (œufs en milieu villageois, lait et miel) mais aussi à celle destinée à l’exportation (chèvres). L’élevage semi-intensif peut aussi être développé. Il est possible aujourd’hui de commercialiser en Haïti des œufs issus de ce type d’élevage à un prix compétitif une fois certaines contraintes levées. Ce sous-secteur de la production d’œufs dans un système d’élevage intensif sera aussi encouragé. Ces activités d’appui à l’élevage paysan en système agro-écologique et à l’élevage semi-intensif et intensif se feront dans une optique de protection des bassins versants des grandes zones irriguées du pays.
Le contenu de cette « composante élevage » s’aligne notamment sur la Stratégie nationale pour la croissance et pour la réduction de la pauvreté 2008-2010, et sur les lignes directrices contenues dans cinq documents du MARNDR, en cours de validation interne : « Politique de Développement Agricole 2010-2025 », « Développement de l’élevage pour la restauration de l’environnement », « Programme National de Développement de l’Apiculture », « Programme National de Développement de la Production et de la Transformation de lait » et « Grandes lignes d’Action pour le développement de la santé animale en Haïti ».

Certaines activités proposées impliquent des dons importants en nature aux producteurs. Cette approche se justifie par le contexte particulièrement difficile rencontré actuellement en Haïti sous l’effet combiné des récents cyclones et du tremblement de terre du 12 janvier 2010.

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