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La santé animale en haiti

Le pays est confronté à des problèmes importants de santé animale. Pour les années 1997-1998, les pertes annuelles provoquées en Haïti par la Peste Porcine Classique avaient été estimées à environ huit millions de dollars américains. Les pertes annuelles imputables aux parasitoses internes et externes ont été chiffrées à plusieurs dizaines de millions de dollars américains.

La déficience organisationnelle et le manque de ressources humaines, de moyens matériels et financiers des services vétérinaires du MARNDR n’ont pas permis d’enrayer des maladies animales de grande importance économique comme la peste porcine classique ou la maladie de Newcastle ou à caractère zoonotique comme la rage et le charbon bactéridien qui provoquent, depuis des décennies, des dégâts considérables dans l’élevage haïtien et qui représentent, dans le cas des zoonoses un risque pour la santé humaine.

L’exécution des campagnes de vaccination et la surveillance épidémiologique des maladies animales s’avèrent nettement plus difficiles dans un pays où l’essentiel de l’élevage est de type extensif que dans les pays où les animaux sont regroupés sur des fermes et où l’on pratique un élevage intensif ou semi-intensif.
Le pays n’est pas non plus suffisamment protégé contre les pestes et maladies animales exotiques, faute de bonnes structures de quarantaine et de mécanismes d’intervention rapide sur le terrain.
Durant ces trente dernières années, l’hygiène publique vétérinaire a été négligée, particulièrement en ce qui concerne l’inspection sanitaire des produits animaux. Aussi, l’abattage des animaux et la commercialisation de la viande et des produits d’origine carnée se font-ils dans des conditions sanitaires précaires.

En matière de santé animale, des avancées significatives ont été enregistrées au cours de ces dernières années dans la lutte contre la Peste Porcine Classique et dans la mise en place des réseaux de surveillance pour certaines maladies comme la rage, la maladie de Newcastle et l’Influenza aviaire.

Il importe de noter le renforcement récent du Ministère par l’incorporation dans sa structure organisationnelle de plus de 60 nouveaux médecins vétérinaires gradués à Cuba. De même, il convient de mentionner le rôle positif joué par les « Gwoupman Sante Bèt » (GSB) tant dans la réalisation des campagnes de vaccination que dans la surveillance épidémiologique et la notification des maladies animales. Les GSB sont des comités de paysans éleveurs, qui existent au niveau de chaque section communales du pays (565), pourvus de deux ou plusieurs agents vétérinaires formés, qui offrent un encadrement rapproché aux exploitants agricoles. Ils sont la clé de voûte de la stratégie de protection sanitaire mise en place par le MARNDR.

Le document sur les Grandes lignes d’action pour le développement de la santé animale en Haïti, propose de renforcer les organisations d’éleveurs, en particulier les GSB
Un programme de santé animale renforcé est aussi essentiel à la réussite du plan de relance agricole. Résultats attendus : Elimination de la Peste Porcine Classique ; contrôle de la Maladie de Teschen et de la Maladie de Newcastle ; Contrôle des zoonoses Influenzas, Rage, Charbon, Tuberculose et Brucellose.

La construction ou réhabilitation de certains abattoirs et unités de préparation et conditionnement des produits carnés permettra d’améliorer à la fois la qualité des produits d’origine animale et leur commercialisation. Résultats attendus : Six abattoirs et unités de préparation et conditionnement des produits carnés fonctionnels au bout de trois ans.

Finalement, le plan de relance propose que l’Ecole Moyenne de Production et Santé Animale soit soutenue afin quelle puisse rouvrir ses portes et offrir des formations de courtes durées et un curriculum sur deux voire trois ans. Résultat attendu : Première promotion de 30 techniciens en production et santé animale après trois ans.
Le MARMDR travaille sur différents avant-projets de lois et de règlements techniques sur la santé animale, la quarantaine animale et les produits antiparasitaires qui seront, après validation, soumis au parlement pour vote.

La vaccination et la surveillance épidémiologique des maladies animales constitueront le pivot central des actions de terrain. Les maladies prioritaires ont été choisies sur la base de leur impact sur le secteur et sur la santé publique et en tenant compte des ressources humaines, matérielles et financières disponibles et/ou potentielles.
Les services de santé animale de terrain seront organisés autour des centres départementaux de protection sanitaire qui vont faciliter l’exécution des programmes de santé animale et la collecte régulière des données sanitaires. Ils regrouperont et coordonneront particulièrement les actions du Service de prophylaxie et d’assistance sanitaire à l’élevage, d’Épidémiologie/Statistiques vétérinaires et du volet d’Information, de Formation et de renforcement des GSB. Ces centres rayonneront sur toutes les communes du département ou de la DDA non seulement par l’action de leurs propres techniciens, mais aussi à travers celle des cadres agricoles et vétérinaires qui se retrouvent dans les BAC (Bureaux Agricoles Communaux). Ils s’appuieront également sur les ONG, les groupements paysans et les leaders ruraux. Ces centres seront importants pour que les services vétérinaires étatiques soient dotés d’un système d’alerte efficace qui facilite d’une part, la détection précoce des maladies animales d’importance économique majeure ou de grand intérêt pour la Santé publique et d’autre part, l’intervention rapide pour limiter leur extension.

Dans le cadre de l’élevage familiale, le partenaire de choix dans la mise en place de programmes de lutte contre les maladies est le GSB qui, pour remplir avec succès sa mission, nécessite d’être fortement appuyé par les autorités locales, les services vétérinaires départementaux, les ONG locales et les membres de la communauté dans laquelle il évolue. Les GSB sont en train d’être renforcés et pourront jouer pleinement le rôle de moteur dans le processus d’amélioration de la santé animale en milieu rural ;
Les programmes de lutte contre la Peste Porcine Classique (PPC) et l’Encéphalomyélite porcine à Teschovirus chez le porc ainsi que la maladie de Newcastle, la maladie de Gumboro et l’Influenza aviaire chez la volaille permettront de contrôler et, dans le cas de la PPC, éliminer ces maladies dans les trois ans à venir.

La maladie de Newcastle est la pathologie la plus importante chez la volaille. Elle peut emporter, dans une région donnée, entre 60 à 80% des animaux chaque année, rendant tout investissement dans l’amélioration de la production vain. Un programme de vaccination adéquat sera essentiel à la réussite des volets touchant à la production d’œufs.

Il est réaliste de prévoir que le nombre de cas humains de rage et de charbon bactéridien pourra être fortement réduit.

Encéphalomyélite porcine à Teschovirus

En février 2009 une pathologie nouvelle est apparue chez le porc en Haïti. Le premier cas a été décrit à Grandes Salines dans le Département de l’Artibonite. En mars 2009 le laboratoire national « Le Tamarinier » excluait la peste porcine classique sur la base d’examens sérologiques. Le même mois, le « Foreign Animal Diagnostic Laboratory (FADDL) » de Plum Island, Etats-Unis d’Amérique a effectué des examens de laboratoire (sérologie, histopathologie, PCR) sur des échantillons de huit porcs en provenance d’Haïti. Le rapport obtenu le 31 mars 2009 identifie une souche de Teschovirus sérotype PTV-1 très proche de celle responsable de l’encéphalomyélite porcine (anciennement appelée maladie de Teschen).

La maladie affecte toutes les catégories d´âge de porcs avec une morbidité importante estimée en Juin 2009 à 40-60 pour cent, une mortalité importante notamment chez les porcelets (estimée à 40-50 pour cent) et de nombreuses truies atteintes paralysées.
La maladie s’est étendue au-delà de la vallée de l’Artibonite. Il n’y a pas d’informations précises disponibles sur la situation au 1er Mars 2010.

Il n’y a pas actuellement de vaccin disponible sur le marché contre cette maladie. Différentes options sont à l’étude dont la relance de la production d’un vaccin ou la possibilité d’utiliser un vaccin contre d’autres virus qui pourraient être présents et qui, combinés au Teschovirus sérotype PTV-1, provoqueraient les symptômes graves observés.

Volet abattage, préparation et conditionnement viande

La construction ou réhabilitation de certains abattoirs et unités de préparation et conditionnement des produits carnés permettra d’améliorer à la fois la qualité des produits d’origine animale et leur commercialisation. Des sites ou les abattoirs peuvent facilement être intégrés dans des filières de qualité différenciées doivent être considérés en priorité. Il sera important de privilégier la construction ou réhabilitation d’abattoirs dans des sites choisis pour l’approvisionnement des grands centres urbains du pays mais, le marché d’exportation peut aussi être exploré, par exemple depuis Port-de-Paix vers les Bahamas ou Mirebalais et Ouanaminthe vers la République Dominicaine.

Les abattoirs auront certainement besoin d’un appui important en termes de contrôle de qualité de la viande (contrôle vétérinaire), de certification et de formalisation administrative des exportations ou des ventes à l’interne. De même, un appui à la maîtrise de la chaîne du froid sera requis. Pour assurer leur rentabilité, un appui à la gestion s’avérera nécessaire (établissement de budgets prévisionnels, gestion du personnel), et des solutions techniques appropriées et adaptées en termes de coûts devront être adoptées.

La mise sur pied d’un cadre de concertation avec les autres acteurs de la filière (bouchers, commerçants, éleveurs) pourrait permettre d’identifier un ensemble de services complémentaires que l’abattoir pourrait apporter afin de susciter l’intérêt de tous les secteurs impliqués à leur utilisation : contrôles vétérinaires en amont (au niveau des troupeaux des éleveurs), formation des bouchers, appui à l’équipement individuel des bouchers, appui à la commercialisation par les détaillants sont autant d’activités qui pourraient être mises sur pied autour de ces abattoirs afin de renforcer l’intérêt (économique) que les différents acteurs de la filière pourront y trouver. L’ensemble de ces recommandations est tiré du rapport final sur le programme de développement de l’élevage porcin (PDEP) et notamment « l’évaluation de la gestion des abattoirs publics » par G. Damais et J. Angrand. Oct. 2003.

Les abattoirs sont aussi des centres d’observation privilégiés qui renseignent sur l’évolution de bon nombre de maladies animales. Bien souvent, c’est par l’inspection vétérinaire des carcasses que l’on arrive à détecter la présence ou la résurgence d’une maladie donnée dans un pays.

Volet formation (Ecole moyenne de production et santé animale)

Le pays souffre d’un grand déficit en cadres moyens. Le MARNDR compte moins de cinquante cadres moyens pour tout le pays. Le nombre de cadres vétérinaires supérieurs dépasse par exemple celui des cadres intermédiaires. La formation de cadres moyens en production et santé animale est donc nécessaire. Ils assureront, à moyen terme, la formation et l’encadrement des producteurs sur le terrain. Il est proposé de rouvrir l’école moyenne de production et de santé animale afin quelle puisse à nouveau offrir un curriculum sur deux voire trois ans. Cette école avait été fermée pendant treize ans de 1987 à 2000. Elle a ensuite réouvert pour fermer à nouveau en 2003. Des contrats de partenariat seront négociés avec des institutions de formation nationales et internationales compétentes pour monter des modules d’enseignement thématiques.

En ce qui concerne la formation de médecins vétérinaires, une reprise de la coopération avec Cuba est prévue pour l’année 2011 dans le cadre des résolutions de la deuxième commission mixte haïtiano-cubaine de poursuivre le programme de formation de 250 médecins vétérinaires haïtiens sur dix ans (75 ont déjà été formés).

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