Activités

Mesurer la production agricole pour mieux orienter les actions

Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural) MARNDR), avec l’appui de l’Union Européenne, l’Agence Américaine pour le Développement Internationale (USAID) et autres partenaires, a présenté, ce mercredi 23 Mars 2016 les résultats de l’enquête nationale d’estimation de la production agricole pour les trois campagnes agricoles de 2014 et pour la campagne de printemps de 2015. Cette enquête, selon les responsables du MARNDR, permet de mettre à la disposition du grand public des données statistiques fiables en vue d’orienter les interventions dans le secteur agricole en Haïti. Ces informations, ont-ils poursuivi, sont également nécessaires dans l’évaluation du rôle de la production agricole des produits de base dans le commerce et le développement économique.

Cette étude prend en compte la production céréalière, la production fruitière, la production du bétail, la production du lait et la production du miel. Dans bien des domaines, le pays approche l’autosuffisance. C’est le cas dans la production de bovins, de caprins et de mangues. Pour la branche céréalière, le pays produit en quantité quasi-suffisante le sorgho et le maïs. Toutefois, pour cette filière, de grands efforts doivent être consentis dans la production du riz. Pour cette denrée, tandis que la consommation totale avoisine les 400000 tonnes, la production totale pour les trois campagnes avoisine le quart de la consommation totale.

Les chiffres pour la filière des légumineuses sont plutôt prometteurs. Les autorités de Damien veulent, toutefois, à tout prix, valoriser une telle filière afin non seulement de garantir la sécurité alimentaire au niveau de la classe des petits exploitants mais également pour garantir la disponibilité d’aliments sur le marché local en tout temps car, argumentent-elles, ces derniers ont un cycle plus court que les céréales. Pour l’année 2014, le pays a produit pas moins de 83755 tonnes métriques de haricot, 54184, tonnes métriques de pois congo, 15607 tonnes métriques de pois de souche et 7730 tonnes métriques de pois inconnu.

La filière vivrière a été tout aussi prise en compte dans le cadre de l’étude. Très utilisées dans l’alimentation de la population haïtienne ; banane, patate douce et ignames y sont considérées. Pour la période prise en compte, plus 328500 tonnes de banane, 157985 tonnes de patate douce et 118433 tonnes d’ignames ont été produites sur l’ensemble du territoire avec une dominance pour les départements de l’Artibonite et de l’Ouest comme c’est le cas dans presque toutes les filières. Les chiffres pleuvent également pour la filière fruitière.

La mangue francisque, l’une des principales denrées agricoles d’exportation est présente dans cette liste. Pour l’année 2014, 155755 ont été produites en Haïti. Les autres variétés de mangue ne sont pas en reste. Hormis la mangue francisque, près d’un million de tonnes de toutes variétés confondues ont été cultivées durant l’année. Ce qui a permis au pays d’équilibrer, ne serait-ce qu’un tout petit peu sa balance commerciale. Faut-il quand même préciser que le pays ne produit pas que de mangues dans la filière fruitière.

Ainsi, plus de 457000 tonnes d’avocats, 458000 tonnes d’arbre véritable, 81000 tonnes d’orange, près de 97000 tonnes de noix de coco et plus de 15000 tonnes de citrons récoltées durant cette même période. Cette filière n’a pas seulement contribué à réduire le déficit de la balance commerciale du pays, elle intervient également à forte proportion dans la nutrition des animaux notamment les caprins, les bovins et les porcins.

Bien qu’insatisfaits de la situation du pays en termes de production et de productivité, les autorités de Damien se décernent un certain satisfecit pour avoir mis à la disposition du grand public des données statistiques authentiques. Selon le Ministre de l’Agriculture, Agr. Lyonel Valbrun, ces données vont permettre aux décideurs de mieux orienter leurs interventions dans le secteur agricole en Haïti.
Sans les données périodiques, explique-t-il, il serait difficile de faire des projections dans le secteur. Ce qui porte le Directeur Général de l’institution, Agr. Édie Charles, à promettre des études de ce genre régulièrement. Ces données statistiques avancent-ils, peuvent être constituées des éléments de définition d’indicateurs pour l’évaluation de performance du secteur notamment l’amélioration de la production et de la productivité, l’analyse et l’évaluation des interventions de développement et de sécurité alimentaire. M. Charles croit que la disponibilité de ces données attirera à coup sûr des investissements et des compétences dans le secteur.

Si l’on se réfère aux conclusions de l’étude, les volumes de production à l’échelle nationale demeurent plutôt faibles en comparaison au nombre d’exploitations agricoles impliquées dans la production. Aussi, le département de l’Artibonite se place-t-il en tête de liste pour la production céréalière nationale. Cette situation n’est pas différente dans l’élevage de plusieurs espèces.

[Ci-dessous, les tableaux de la présentation]

Présentation des résultats ENPA 2014 (1)

Présentation des résultats ENPA 2014 (2)

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