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Une délégation du Programme nationale de cantines scolaires (PNCS) a visité récemment des plantations de granulés et de tubercules à Jean-Rabel, dans le département du Nord-Ouest. Cette visite fait partie d'un projet du PNCS entrant dans le cadre des efforts du gouvernement visant à remembrer la paysannerie après le passage des intempéries ayant touché le pays l'été dernier.
Il s'agit d'un projet-pilote qui doit s'étendre à travers le pays, si tout marche bien, a précisé la coordonnatrice du PNCS, Evelyn Pérard, qui conduisait la délégation.
Puits-Cousins, Lacoma, Raymond, Guinaudé sont, entre autres, les localités visitées. Haricots, giraumon, maïs, millets, tubercules (ignames, pomme de terre, patates) sont, parmi d'autres, les produits faisant partie de ce projet d'achat de produits locaux par le PNCS.
A terme, ce projet vise à réduire le coût des produits distribués par le PNCS dans les écoles touchées par le programme. Il devra aussi renforcer la production locale en finançant directement les planteurs, qui souvent perdent le bénéfice de leurs récoltes, faute d'intrants. Ces derniers, comme tout le monde le sait, coûtent cher et les planteurs n'ont pas toujours les moyens d'y accéder.
Cette visite a permis aux membres de la délégation de se faire une idée de l'état d'avancement du projet à Jean-Rabel, de rencontrer des producteurs locaux et enfin de superviser des plantations entrant dans le cadre d'un projet plus large. En effet le PNCS se prépare à acheter des produits locaux destinés à être distribués dans les écoles touchées par le programme.
Les visiteurs se sont aussi entretenus avec les planteurs qui ont fait part de leurs inquiétudes quant au suivi d'un tel projet. Il a également été l'occasion de visiter un lac collinaire situé à Raymond, une localité de Jean-Rabel. La délégation a, par ailleurs, rencontré des directrices et directeurs d'école de la zone qui en ont profité pour faire valoir leurs préoccupations. Avec les planteurs regroupés en associations, les discussions se sont surtout portées sur leur capacité de production, la qualité des produits, la réalité agricole de la zone, la capacité des producteurs à conserver et à transformer les produits jusqu'à leur livraison.
Pour sa part, le PNCS, par ses représentants, a fourni des explications sur les principes administratifs de l'Etat et les modalités d'acquisition de ces produits qui doivent entrer dans un cadre formel. La question de transformation des produits a été également au centre des débats. Aussi, un moulin de transformation du millet en produit fini a été supervisé. Les propriétaires et gestionnaires de ce moulin ont donné la garantie que « les produits seront livrés à temps, une fois qu'ils arrivent au moulin au moment opportun ».
Les directrices et directeurs d'école, ont, de leur côté, comme les planteurs, loué une telle initiative. « Il s'agit d'un apport économique considérable pour la zone », a déclaré un directeur d'école. « Nos enfants vont consommer à l'école des produits locaux. Donc, avec ce projet, ils vont garder leurs habitudes alimentaires pendant que leurs parents vont pouvoir mettre de côté un peu d'argent pour préparer la prochaine rentrée scolaire », a renchéri, pour sa part, une directrice.
Toutefois, ils ont aussi profité de cette tribune pour faire valoir leurs inquiétudes quant à un arrêt éventuel du projet à l'avènement à la tête du PNCS d'une autre administration, compte tenu de la carence de continuité proverbiale qui caractérise l'Etat haïtien.
Cette visite a été l'occasion pour la délégation de constater les conditions dans lesquelles travaillent les associations de producteurs, d'évaluer sommairement le potentiel de production et de prendre la mesure des difficultés ou les contraintes qui se présentent. Sur cette base, la coordonnatrice du programme promet de travailler sur des options permettant aux cantines scolaires d'être ce levier nécessaire à la relance de la production nationale.
Les membres de la délégation sont rentrés à Port-au-Prince satisfaits d'avoir apporté, à travers ce projet, un appui sûr à la production locale.
S.B.
Source: www.lenouvelliste.com |||||||||||||||||||||||||||||| | Votre commentaire nous intéresse! Vous pouvez maintenant commenter les articles du site web. Connectez-vous si vous êtes déjà membre ou enregistrez-vous pour devenir membre et avoir accès à la section commentaire en fin de texte pour exprimer votre point de vue. |
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