
De gauche à droite: Lionel Valbrun, directeur général du MARNDR et Dr Michel Chancy, secretaire d'Etat à la production animale (Photo: Mercidieu Moranvil)
Les importations haïtiennes de poissons représentent encore près de 75% de sa consommation annuelle, en dépit des énormes potentialités offertes par les 1535 km de côtes d'Haïti, selon un document de travail non encore officiel de la secrétairerie d'Etat à la production animale. La République d'Haïti, une île de 27 750 km carrés, ne produit que 157 tonnes de poissons annuellement.
La production haïtienne de poissons ne couvre que moins d'un quart de la consommation du pays. La pêche continentale (dans les lacs, étangs et rivières) et l'aquaculture, c'est-à-dire l'élevage de poissons fournissent 15% de la production nationale de poisson. La pêche continentale est largement majoritaire : sa production représente trois fois celle de l'aquaculture. La pêche continentale est réalisée par des petits pêcheurs qui font face a de sérieuses difficultés liées aux équipements.

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Variés mais surtout rudimentaires, les équipements en usage dans le secteur de la pêche et l'aquaculture ne permettent qu'une faible productivité dans le secteur de la pêche sur toute l'étendue du territoire. Depuis 2005, les interventions dans le domaine de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche ont engendré un taux de croissance trop faible pour permettre à la production locale de couvrir les besoins alimentaires de la population haïtienne qui ne cesse d'augmenter.
Il existerait en Haïti, 52 000 familles de pêcheurs repartis dans plus de 420 localités en 26 000 unités de pêche. Ils disposeraient de 14 000 pirogues, 10 000 bateaux à voile et 1 200 bateaux à moteur, selon une étude de Gilles Damais réalisée en 2008.
Le secteur de la pêche, un des secteurs ruraux les plus marginaux et délaissés d'Haïti, regroupe 52 000 familles et près de 20 000 commerçants. De nouvelles techniques, comme la mise en place des Dispositifs de concentration de poissons (DCP), devraient permettre l'augmentation des prises et donc les revenus des pêcheurs, ce qui fait espérer un développement important du secteur, certes, mais les produits de la mer sont rapidement périssables.
De ce fait les fruits de mer doivent être très vite vendus, consommés, réfrigérés ou séchées pour pouvoir être vendus ultérieurement. Il n'y a pas assez d'infrastructures de conservation et les techniques de séchage pourraient être améliorées. Face à ces défis, les acteurs du secteur, en particulier les pêcheurs, ont commencé à s'organiser.
En Haïti, l'aquaculture est réalisée par des entrepreneurs de taille variable : les plus petits font de l'aquaculture en complément à d'autres activités agricoles et nourrissent généralement leurs poissons avec des aliments locaux. Les plus grosses entreprises sont spécialisées et utilisent des aliments importés. Même s'ils souffrent de la concurrence souvent déloyale des importations, ces produits ont un potentiel de développement important sur plusieurs types d'espaces. On peut pratiquer la riziculture combinée avec l'aquaculture sur les surfaces irriguées, les retenues collinaires peuvent être empoissonnées, les eaux intérieures mieux exploitées, et enfin des bassins ou structures appropriés peuvent être aménagés dans les ravines et ainsi réduire l'érosion.
Le document de la secrétairerie d'Etat à la production animale qui, citant des études récentes (Breuil 2000 et Favrelière), indique que la pêche artisanale améliorée est plus conforme aux objectifs principaux du Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSNCRP).
Le secretaire d'Etat à la production animale, Dr Michel Chancy, a annoncé lors des ateliers sur la pêche et l'aquaculture, l'adoption de mesures pour la construction de 150 lacs artificiels dans le cadre des efforts visant le développement de ce secteur. Il a fait savoir également que des démarches seront entreprises dans le but de mieux encadrer les associations de pêcheurs en facilitant l'accès au crédit.
Il s'agit d'un potentiel pouvant permettre de créer des richesses et d'augmenter la production nationale, a estimé Michel Chancy, précisant que tous les bailleurs de fonds et les ONGs qui voudront investir dans ce domaine devront se plier au plan stratégique qui sortira des réflexions des differents ateliers.
Les acteurs de la pêche et de l'aquaculture- fonctionnaires, décideurs, entrepreneurs, ong, associations et institutions des secteurs privés publics ont débattu les 19 et 20 février derniers des sujets relatifs au développement de ce secteur étrangement négligé.