Haïti: Le miel : l'aliment le plus nutritif Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Si l'agronome Jasmin Bénito avait choisi d'enseigner à l'université, il aurait été un atout important pour le secteur de l'enseignement supérieur haïtien. Cependant, l'abeille haïtienne aurait manqué un petit quelque chose. Fondateur de l'agro-entreprise «Makouti », dont la renommée n'est plus à faire dans le milieu apicole haïtien, il est à la fois conférencier, chercheur et innovateur.
   
L'agronome et chercheur, Benito Jasmin au micro de Le Nouvelliste
L'agronome et chercheur, Benito Jasmin au micro de Le Nouvelliste
Pratiquant depuis sept ans l'apiculture, l'agronome et chercheur Jasmin Benito, informe que l'apiculture existe depuis plusieurs siècles. « C'est une des meilleures façons de se procurer de l'argent sans recourir à de gros investissements, ni surabondance d'énergie. Le miel, qui passe pour être l'aliment le plus nutritif existant sur la planète, a pris de l'ampleur sur le marché mondial. Grâce à l'action de quelques chercheurs, la filière apicole est devenue une science à part entière», a affirmé l'agronome Benito Jasmin, dans les locaux de la Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV).

ImageLa dégradation de l'espace écologique haïtien a eu des effets néfastes sur la culture des abeilles. Selon l'agronome Jasmin des producteurs s'activant dans l'apiculture se jettent à corps perdus dans la lutte contre ce fléau qui constitue un frein à la bonne marche de leur activité. « Etant technicien, je suis frustré de la dégradation de la filière apicole en Haïti, car les producteurs s'activant dans l'apiculture, n'arrivent pas à trouver l'environnement idéal pour élever les abeilles compte tenu de la coupe anarchique pour augmenter l'industrie du charbon de bois. L'apiculture en Haïti a beaucoup d'avenir si l'on se consent à mettre un frein à l'abattage des arbres qui constitue la principale source d'alimentation pour les abeilles », a ajouté.

Ayant une formation en agronomie, c'est au début de sa carrière comme agronome qu'il a décidé de se spécialiser dans l'apiculture. Le souhait de concilier le travail manuel et intellectuel l'amena, en 2002, à se consacrer à temps plein à l'apiculture.

Dès le début, sa vision et ses orientations étaient claires. Son rêve était de faire de l'apiculture spécialisée dans la production des abeilles où les ruches seraient en santé grâce à la prévention et au dépistage des maladies, et ce, tout en limitant l'utilisation de médicaments. Grâce à son désir d'aller au fond des choses, Jasmin Bénito s'est graduellement impliqué dans la recherche et l'innovation de la filière apicole.

Le grand défi pour les années à venir Si on veut protéger nos ruches contre le Varroa, un acarien très nocif qui attaque l'abeille à partir du dos, la mine jusqu'à ce qu'elle la tue. Il faut que d'ici à deux ans, des mesures soient prises sur l'ensemble du territoire pour terrasser cette maladie provenant d'un parasite d'origine asiatique qui, semble-t-il, est parvenu en Haïti au début du 21e siècle. « Selon mes recherches, ce parasite d'origine asiatique est parvenu en Haïti en 2000. Personne ne sait comment il est arrivé ici. Toutefois, celle-ci peut exterminer toute une colonie d'abeilles en seulement en moins de deux années », explique-t-il.

Il souligne plus loin que le manque d'expérience et d'information des apiculteurs ne leur permet pas de se défendre contre cette épidémie. Il se résulte de la perte de plusieurs millions de gourdes dans l'élevage des abeilles, car si l'abeille est malade elle ne peut pas produire.

L'agronome eut à dire « Il faut donc observer, analyser, bref étudier l'évolution des maladies ou des parasites à l'intérieur du rucher afin de voir quand et comment l'apiculteur doit agir et s'il doit agir. Une ruche qui produisait sept gallons de miel, va produire moins d'un gallon si la région en question ne produit pas de plante très nutritive pour les abeilles. »

En outre, le directeur de Makouti agro-entreprise estime, il faut que les paysans aient un encadrement adéquat pouvant pour leur permettre d'améliorer leur production apicole et marquer leur présence sur le marché mondial. Les apiculteurs ne cachent pas leur intention de collaborer avec les autorités haïtiennes et toutes institutions qui manifestent le désir d'apporter leur contribution. Ce secteur peut contribuer grandement à l'accroissement de l'économie haïtienne si les autorités étatiques investissent dans ce secteur.

« Notre miel est classé comme la huitième meilleure miel du monde. Il faut que des mesures soient prises afin que se secteur en pleine croissance soit rentabilisé », a fait remarquer l'agronome qui ajoute que les autorités haïtiennes doivent mettre en oeuvre une structure au sein de l'Université d'Etat d'Haïti en vue de permettre aux étudiants d'effectuer des recherches sur la filière pour dynamiser le secteur.

Installé dans plusieurs régions du pays, l'agro-entreprise Makouti est fondé par des professionnels en agronomie qui travaillent à temps plein durant la saison de production. Ces derniers sont également consacrés au secteur de la recherche et de l'innovation dans l'ultime but de renforcer la filière apicole.


    
      Amos Cincir
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Source: lenouvelliste.ccom 

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