
L’apiculture, comprenant, entre autres, la production, l’extraction et la transformation du miel, à partir de l’élevage d’abeilles, est une activité d’avenir en Haïti. Dans le département des Nippes, en particulier, l’intérêt pour l’apiculture est probant. Cette activité repose en grande partie sur le dos de jeunes Nippois qui y voient une opportunité de gagner des revenus dans leur localité d’origine, avec un minimum d’investissement. À Anse-à-Veau, comme à Arnaud ou à Petite rivière de Nippes, avoir un rucher procure de l’espoir.
Nasson Chérette est président de l’Association des apiculteurs des Nippes. Au début, il travaillait sur le chantier de la place publique de Petite rivière de Nippes en qualité de maçon. L’accueil peu favorable qu’il a reçu de ses autres collègues maçons l’a porté à se tourner vers une autre activité. Ainsi, a-t-il choisi de faire l’apiculture.
À présent, Nasson Chérette possède sa propre ferme apicole dans la localité de Sénat (Petite rivière de Nippes), établie sur une parcelle qu’il s’est procuré pour la somme de 25 000 gourdes, tirée des revenus gagnés dans l’apiculture. Cette ferme compte une cinquantaine de ruches faites, soit en tambour, ou présentées sous la forme de caisses traditionnelles ou modernes. Ayant eu la chance de suivre une formation en apiculture, sous la direction de l’agronome Renaud Joseph, du ministère de l’Agriculture, Nasson met pour le moment, gracieusement, ses connaissances au profit des autres apiculteurs des Nippes, en les aidant à améliorer leurs techniques dans le métier. « Grâce à l’apiculture, je suis en mesure de gagner des revenus dans le milieu rural, sans devoir aller m’établir à Port-au-Prince pour grossir davantage le nombre des chômeurs », explique-t-il. À Anse-à-Veau, Jean Élie Leconte, 18 ans, est le porte-étendard de la jeune génération d’apiculteurs. Il est le président de l’Association des apiculteurs d’Anse-à-veau, créée en janvier 2009. Son père, Clotaire Leconte, décédé en 2005, a été l’un des plus célèbres apiculteurs de la région des Nippes. Dès son vivant, Jean Élie avait l’habitude de travailler à ses côtés. À la disparition de son père, il s’est engagé davantage dans le métier, avec pour objectif de tenir bien haut le flambeau de l’apiculture à Anse-à-Veau. Partageant son temps entre l’école et des activités apicoles, Jean Élie Leconte est optimiste quand aux revenus qu’il peut gagner de l’apiculture.
Selon l’agronome Gisèle Poteau, spécialiste en apiculture au ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), interrogée par Agropresse, Haïti a grand intérêt à promouvoir l’apiculture. C’est une filière qui peut grandement aider à la reforestation du pays, à partir du travail de pollinisation que font les abeilles. Aussi, un investissement dans la filière apicole offre-t-il une garantie de rentabilité rare, soutient la spécialiste. En outre, c’est un produit très nutritif pour le corps humain, souvent recommandé à la place du sucre de canne ou de betterave, insiste l’agronome Gisèle Poteau.