
Le sous-groupe « Agriculture », du Groupe de travail sur la compétitivité (GTC), commission créée par le président de la République en janvier 2009 - vient de présenter les premiers éléments des réflexions qu’il a produites, après quatre mois de travail. Dans un document présenté par l’agronome Inette Durandis, le jeudi 28 mai, à une conférence de presse de la commission, le sous-groupe « Agriculture » a identifié les facteurs de blocages de la compétitivité dans le secteur agricole. Il a en outre avancé des pistes pour renforcer la compétitivité, en identifiant également des éléments stratégiques à prendre en considération.
La vision émanée des travaux du sous-groupe, pour l’agriculture haïtienne, se présente comme suit :
- Une agriculture qui récupère le marché intérieur, visant l’autosuffisance alimentaire et qui part à la conquête du marché externe ;
- Une agriculture moderne, productive, prospère, socialement juste, durable tant du point de vue économique qu’environnemental, mettant sur les différents marchés qu’elle dessert, des produits de qualité convenablement distribués.
Conformément à cette vision, quelle direction prendre ? Selon le sous-groupe, il est nécessaire que les choix de politique économique fassent l’objet de consensus. En outre, « un changement de paradigme en ce qui concerne la politique macroéconomique est un impératif absolu, pour que les produits haïtiens soient compétitifs», se positionne le sous-groupe. Ce changement, suggère-t-il, devrait toucher, entre autres, les tarifs douaniers, les taux d’intérêt, le taux de change. Il invite à trouver des solutions à la question foncière, « en innovant et en adaptant des approches qui ont fait leur preuve ailleurs ». Le sous-groupe propose la prise en compte de la dimension environnementale dans tous les programmes à caractère agricole. « La protection des bassins versants doit être une composante obligée de ces programmes. Faire l’économie de celle-ci risque de compromettre les investissements effectués en aval, particulièrement les infrastructures hydro-agricoles et les routes », soutient-il.
Le sous-groupe croit nécessaire que des conditions soient créées pour attirer des capitaux étrangers, « ceci en tenant compte de la réalité et des intérêts du pays ». Il prône la synergie entre le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) et les autres ministères, notamment pour la création d’emplois dans le pays.
Au niveau des éléments stratégiques à considérer, le sous-groupe propose la « définition d’un cadre de référence avec des objectifs globaux et relativement précis pour des filières jugées prioritaires », en tenant compte des fonctions retenues pour l’agriculture : « nourrir la population et exporter ». Pour supporter la petite exploitation agricole familiale, il recommande le renforcement systématique des cultures vivrières, des cultures maraîchères, des fruitiers et de l’élevage, sans négliger la possibilité d’avoir des exploitations de taille importante « lorsque les conditions le permettent et que la situation l’exige ».
Dans le but d’arriver à un nouveau modèle d’occupation de l’espace agricole, l’agriculture dans les terres de pente, ne devraient plus porter des cultures sarclées en permanence, mais plutôt des fruitiers, des pâturages, etc. En revanche, l’agriculture pourrait avoir une fonction alimentaire dans les terres de plaines, lesquelles pourront plutôt être affectées à des cultures vivrières. La mise en réseau des producteurs et des transformateurs est aussi une suggestion du sous-groupe. Elle devrait toucher à tout ce qui concerne l’approvisionnement en intrants, la mise en marché, la recherche d’opportunités et la mobilisation de certaines ressources rares et chères (en particulier les ressources humaines). Elle serait renforcée par des alliances gagnant – gagnant entre les petits producteurs et des agro-transformateurs d’envergure visant le marché local ou l’export.
Le Groupe de travail sur la compétitivité est composé de vingt membres et comprend plusieurs sous-groupes dont : salaire minimum, agriculture et actions immédiates ou « Quick wins » - un sous-groupe qui travaille sur des actions qui peuvent fournir des gains rapides. Le Groupe a pour mandat de dégager une « Vision partagée pour une Haïti compétitive et prospère ».